Banque islamique

La banque islamique se distingue des autres banques traditionnelles dans la mesure où son fonctionnement doit être conforme aux concepts coraniques, c'est à dire obéir à une certaine morale religieuse.

La finance islamique en chiffres

A l'échelle mondiale, la finance islamique, pour ce que l'on en sait, dépasserait les 2000 milliards de dollars et compterait 40 millions de clients dans le monde. Ernest&Young situe ses encours à 4500 milliards pour 2020.

Malgré une marge d'action et d'innovation limitée, la finance islamique connaît un succès croissant au fil des ans.

Selon le FMI, l'Iran détiendrait à lui seul 40% des avoirs, alors que l'Arabie Saoudite et la Malaisie respectivement 12 et 10%.

Une déontologie qui se veut éthique religieuse

Trois, voire cinq piliers selon certains, président au fonctionnement d'une banque islamique :

  • Moucharaka: qui prescrit le partage équitable des pertes comme des profits ;
  • le financement Halal doit prohiber toutes les sources douteuses de rendement et d'investissement ;
  • le Maysir qui interdit la spéculation ;
  • le Gharar qui interdit les produits à garantie incertaine et qui renvoie aux jeux d'argent ;
  • et le Riba qui prohibe l'intérêt et l'usure.

Ces interdits se retrouvent dans la Charia, regroupant les règles religieuses politiques, sociales et culturelles qui régissent la vie quotidienne de tout bon musulman.

Une éthique où une stratégie ?

Toutefois, ces principes sont mis à mal par Tariq Ramadan, l'islamologue, qui ne voit là qu'un moyen de rendre captif un marché lucratif dont la motivation première consisterait à réaliser du rendement à l'instar des circuits traditionnels ; ou encore par Walid Hasni, économiste, vice Président de l'Institut Tunisien des Relations Internationales, qui évoque pour sa part "la grande hypocrisie des banques islamiques" qui, selon lui, fonctionnent de la même façon que les autres banques commerciales, exception faite de l'éthique de certains placements. S'agissant des taux d'intérêt et de l'usure, M.Walid Hasni affirme que cette pratique non seulement s'exerce, mais souvent avec des taux d'intérêt parfois supérieurs aux banques commerciales.

Les produits financiers proposés

Le principal de ces produits relève de l'emprunt sans intérêt appelé "Mourabaha".

L'emprunteur rembourse son prêt, majoré d'une commission bancaire, déterminée préalablement et fixe dans le temps. Ce n'est qu'une fois le contrat exécuté, que la banque remettra l'acquisition du bien à son client.

Autre produit : "Ijara", qui n'est autre qu'un crédit-bail. Dans ce cas précis, la banque donne en location le bien en question à son client avec une possibilité de rachat à échéance du contrat.

La "Moucharaka" est un produit où deux acteurs investissent dans un même projet. Les profits et les pertes seront alors équitablement partagés en fonction de l'investissement de chacun.

Il y a aussi le "Sukuk" qui ressemble aux obligations proposées par les banques traditionnelles.

Bien entendu avec de tels produits, qui excluent tout investissement spéculatif, la finance islamique est à l'abri des soubresauts financiers et des crises économiques, auxquelles doivent parfois faire face les banques traditionnelles...Ce qui explique pour partie le succès de la finance islamique. Cette dernière commence à intéresser les pays occidentaux. Régulation bancaire et transparence, des caractéristiques de stabilité qui manquent parfois à nos produits bancaires.